UNE HISTOIRE LUMINEUSE : naturia, curiosa, et caetera
UNE HISTOIRE LUMINEUSE : naturia, curiosa, et caetera

07 MAI 2005 > 16 JANVIER 2006
Au XVIIIe siècle, l’engouement pour les sciences marque un virage conséquent dans les présentations de collections : celles d’histoire naturelle sont séparées des collections d’art.
L’intérêt pour les sciences et les techniques se concrétise en Lorraine avec la fondation de l’Académie des Sciences et des Lettres et la création d’un Collège Royal de Médecine. En 1763, dix-sept cabinets d’histoire naturelle y sont recensés.
Dans cette double exposition, l'accent mis, tant dans le contenu que dans la mise en scène, affiche l'émergence de la notion de curiosité par la présence d'animaux et d'objets fantastiques mais aussi de tiroirs ou de malles qui font entrer le visiteur en interaction avec les objets présentés …
Exposition labellisée « Nancy 2005, le temps des Lumières
Commissaire : Laurent PERU, directeur du Muséum-Aquarium de Nancy.
Commissaire scientifique : Pr. Christian DOURNON, directeur scientifique du Muséum-Aquarium de Nancy.
Scénographie : Richard RAK, peintre plasticien.
La scénographie de Richard Rak comprend deux parties complémentaires :
NSULA UTOPIA
Une exposition-mise en scène sur le retour d’un mystérieux explorateur d’une île improbable.
Plus de cinquante pièces : constructions poétiques réalisées sur une base de matériaux simples : papiers, bois, terre, sable ou d’objets du quotidien détournés.
Allusion forte au voyage dans la série : le vieux campeur, phosphores chanteurs, à la paléontologie dans archéoflytox, sirénus baby domesticus, à l’archéologie dans vieux jeu et plateau de fruits de mer.
C’est une recherche artistique parallèle et jubilatoire sans contrainte qui pose quelques pièges à nos certitudes.
UN BEZOARD DE PORC-EPIC ENCHASSE DANS DE L’OR *
Importante construction monolithique (environs 6×6×3 m) créée spécialement pour le Muséum-Aquarium de Nancy. Isolée dans le grand espace temporaire, elle est volontairement lisse dans son aspect extérieur en opposition avec son intérieur conçu comme les kunstkammer où les portes secrètes et tiroirs s’ouvrent à l’infini. Certains livrant aux regards une partie de leur contenu (cohorte d’animaux momifiés, collections mystérieuses…) dans la symbolique cosmique des cabinets de curiosités où l’univers tout entier serait contenu dans une boîte.
Cette évocation des cabinets de curiosités n’est en aucun cas une représentation, ni une reconstitution au premier degré, mais plutôt un trait forcé sur la curiosité et l’émerveillement par l’accumulation outrancière, le besoin de classification parfois maladroit et compulsif. C’est une interrogation sur le contenant, le contenu, sur notre capacité à trouver notre place dans l’infinie complexité, l’infinie beauté qui nous entoure.
*phrase tirée de l’inventaire du cabinet de curiosité de Joseph Bonnier de la Mosson (1702-1744).
Bézoard : concrétion pierreuse se formant dans le corps de certains animaux.


















